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Irène VIII

  • Localisation: Var (83), Alpes Maritimes (6), Bouches du Rhone (13)
  • Capacité max:10
  • Type: Yachts classiques
  • Possibilités: Séminaires, Evénements, Evénements nautiques, Sorties, Week-end

IRENE VIII : Un des derniers 10 M JI...  

La classe métrique est née à l'aube du XXe siècle. Elle a inspiré les plus grands architectes navals, a été à l'origine d'évolutions technologiques majeures et a écrit quelques unes des plus belles pages de la voile, des Jeux Olympiques à la Coupe de l'America. Elle continue d'être utilisée aujourd'hui, puisque des 5.5, 6 et 8 M JI sont dessinés et construits régulièrement au XXIe siècle.  Cette jauge est née d'un besoin criant, à la fin du XIXe siècle, de faire courir des bateaux les uns contre autres de manière juste, tout en préservant les qualités intrinsèques des voiliers.

Les tentatives précédentes, Thames Measurement, Linear Rating au Royaume-Uni, Sawanhaka Rule aux Etats-Unis, Jauge Godinet en France, notamment, présentaient toutes des imperfections : certains bateaux coulaient même...   Il fallait trouver une règle, qui devait en outre être acceptée de tous.

Ce fut fait à la fameuse conférence internationale de 1905, qui réunit les pays les plus actifs en termes de yachting à l'époque. Johan Anker était l'un des représentants de la Norvège, et l'un des plus moteurs dans la discussion. Cette jauge, baptisée "Jauge Internationale" ou "Classe Métrique", fut appliquée avec cette première formule de 1907 à 1920. Deux révisions "corrigèrent" ensuite cette première version, en 1920 et 1933. La formule de 1933, sans doute la plus aboutie, est la suivante :   Rating = (L + 2d + ?S - F) / 2.37     Où : L = longueur à la flottaison; d = différence entre le contour et chaine mesurée au maître couple; S=surface de voile; F=franc-bord. Le total doit être inférieur à 10 pour un 10 mètre JI.  

En outre, la jauge impose une qualité de construction à travers les "scantling rules" (des tailles minimales pour les principaux éléments du bateau : épaisseur des bordés, membrures, varangues, etc.).  

Les Scandinaves ont toujours été parmi les plus actifs en termes de classes métriques, à travers leurs architectes, leurs chantiers et leurs navigateurs. Neutres au cours de la première Guerre Mondiale, les pays scandinaves furent en outre les seuls à poursuivre les courses à la voile et les constructions de voiliers dans les années de développement de la Jauge Internationale.  

J. Anker, architecte de Irene VIII  

Johan Anker est probablement le plus emblématique d'entre eux. Après avoir été l'un des inspirateurs de la jauge internationale de 1905, Johan Anker dessine une série de classes métriques, pour les régates locales comme pour les Jeux Olympiques. Lui-même remporte la médaille d'or aux jeux de Stockholm en 1912, à bord d'un 12 M JI, Magda IX, qu'il construit pour le compte d'Alfred Larsen, le Commodore du KNS, le yacht-club royal de Suède. Ce dernier abandonne d'ailleurs les plans Fife et restera ensuite fidèle à Anker, qui dessinera pour lui l'un de ses plus grands bateaux, Magda XIII, un 15 M JI magnifiquement restauré récemment . Le prince Olav devient son ami et lui commande ses bateaux, comme son 8 mètre JI Sira, avec lequel le prince, devenu roi de Norvège, naviguera jusque dans les années 80; le prince naviguera aussi à bord d'Irene VIII avec Eugen Lunde, un autre de ses amis.

Johan Anker passe définitivement à la postérité avec son Dragon, une série magnifique, toujours âprement disputée de nos jours.  

Eugen Lunde (1887-1964) faisait partie de ses Scandinaves très actifs dans le monde des régates de la première moitié du siècle, en particulier dans les classes métriques. Il fut médaille d'or aux Jeux Olympiques de Paris en 1924, dans la catégorie des 6 M JI. Une dizaine d'année plus tard, il demanda à Johan Anker de lui construire un bateau de croisière rapide

Trois propriétaires en 70 ans  : Irene VIII est donc née de la rencontre entre Johan Anker et Eugen Lund, en 1935. Construite en Pitch Pin, un bois oléagineux et donc très résistant à la pourriture, c'est un des rares bateaux de cette taille de l'époque qui n'a cessé de naviguer. Irene VIII a dû satisfaire pleinement ses propriétaires puisqu'elle n'en a connu que trois en 70 ans. Probablement parce qu'outre sa qualité de construction, Irene VIII est à la fois un bateau rapide, taillé pour la régate, et un excellent bateau de croisière, maniable et confortable.  

Après Eugen Lunde, Irene VIII fut acquise par un anglais, Georges Millar, en 1966. Ce passionné de voile était un personnage exceptionnel. Journaliste, correspondant du Daily Express à Paris, il s'engagea au sein de l'armée anglaise pendant la seconde guerre mondiale. Capturé par les Allemands en Afrique du Nord après une marche en solitaire dans le désert, enfermé dans un camp allemand, il réussit à s'échapper et à retourner en Angleterre à travers la France occupée et les Pyrénées - récit relaté dans son roman Horned Pidgeon. Il retourna ensuite en France et servit au sein de la Résistance - il en tirera un roman, Maquis; il fut ensuite décoré de la Légion d'honneur et de la Croix de guerre. Outre ces récits célèbres racontant la Résistance au quotidien, Georges Millar est notamment l'auteur de récits de voyage en mer : Isabel and the Sea, A White Boat from England, Oyster River.  

Le propriétaire suivant, G. van Laar, un hollandais, organisa la première restauration d'Irene VIII en 1990. Roel van der Werff, aux Pays-Bas se chargea notamment de changer le moteur et de recouvrir la coque de plaques de cuivre, apparemment dans l'objectif de consolider l'ensemble et de limiter l'écartement des bordés. En fait, la combinaison cuivre / acier des membrures et des varangues accéléra la corrosion.  

Irene VIII passe sous pavillon français en 2005. Après une année de navigation très riche, temps est venu d'une nouvelle restauration d'envergure, pour redonner au voilier une structure permettant de continuer sereinement à naviguer, en croisière comme en régate. Une partie des pièces de structure en acier, varangues, membrures, boulons doit être changée; le cuivre est retiré, ce qui supprimera une partie de la corrosion et assurera à la fois une trainée plus faible et un meilleur aérodynamisme; enfin, un retour au gréement d'origine, en spruce, est à l'étude. Cette restauration est réalisée d'une main de maitre par Classic Works.   Irene VIII retrouvera alors son numéro de voile de toujours, F 18 - F étant la lettre symbolisant les 10 M JI (selon le principe de dénomination des classes métriques : la lettre D correspond aux 15 M JI - Magda XIII, D 11, Tuiga, D3 par exemple; E aux 12 M JI -Eileen, E 21, par exemple, etc.).r lui permettre également de régater, il commanda un 10 M JI. IRENE VIII - 10 Mètre Jauge Internationale  

Disponible à la location pour des croisières avec skipper et équipage, des week end voile, des sorties voile à la journée, des évènements voile.

Disponible à la location également pour des évènements incentive ou team building à la voile.

ARCHITECTURE / AMENAGEMENT   Numéro de voile depuis 1935 : F 18 Longueur : 16.52 m / 54.2' Longueur à la flottaison : 11.22 m / 36.8' Largeur : 3.25 m / 10.66' Tirant d'eau : 2.25 m / 7.38' Surface de voile au près : 140 m² Surface de voile au portant : 200 m² Déplacement : ~16 tonnes Construction : Anker & Jensen, Norvège, 1935 Architecte : Johan Anker, plan n° 395 Restauration : De Hoop (1990), Classic Works (2005-2007) Construction : Anker & Jensen, Norvège, 1935 Coque : Pin d'Orégon (pitch pin) Intérieur : noyer Pont : teck Cockpit, claires-voies : acajou Membrures : frêne et acier Moteur : Thorneycroft 65 ch Construction : Anker & Jensen, Norvège, 1935 2 cabines doubles + 2 couchettes + carré. Salle d'eau Equipements : eau chaude, cuisine complète, chauffage, chaine hifi Annexe à moteur  

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